Historique
UNE LEGENDE

Vers l’an 30 de notre ère, Jésus de Nazareth choisit ses 4 premiers disciples:Simon-Pierre et son frère André, Jacques et son frère Jean, pour les instruire du royaume de Dieu et les convertir en "pêcheurs d’hommes". Trois ans plus tard, ces disciples, inspirés par le Saint Esprit se mirent en "chemin" pour évangéliser la Palestine, puis le monde méditerranéen.
Selon la légende dorée de Jacques de Voragine, l’Apôtre Jacques aurait évangélisé l’Espagne pendant 7 ans, sans grand succès. Puis, avec Anasthase et Théodore, ils seraient rentrés à Jérusalem auprès de Pierre, pour évangéliser la Judée et la Samarie. Là, Jacques aurait accompli plusieurs miracles parmi lesquels la conversion du grand magicien d’Hérode-agrippa et de son scribe.En punition tous trois auraient été décapités en 44. Ses disciples auraient déposé les restes de Jacques dans une barque qui, poussée par des vents favorales, se serait échouée, quelques mois plus tard, dans l’estuaire d’Ulla au Finisterre espagnol.
Vers 820, prévenus par la prophétie de l’ermite Pelage et conduits par une nouvelle étoile brillante des paroisssiens de San-Fiz de Lovio auraient découvert les corps intacts, qui auraient été inhumés dans un tombeau, que fit construire en 834 le roi des Asturies sur un site qu’il appela Compostella.
Tout de suite ce sanctuaire attira les habitants galiciens. Vers 890 une église y fut construite. Le village de Santiago fut agrandi pour recevoir l’afflux de pélerins des Asturies. Le premier pélerin non espagnol connu est Godescal evêque du Puy en Velay et abbé de Monestier en lien avec Cluny, y vint en grande pompe en 950. Beaucoup de pélerins bourguignons le suivirent.
Aujourd’hui, les pélerins et les touristes peuvent se recueillir, dans la crypte romane devant une magnifique urne d’argent ciselée contenant les reliques de Saint Jacques , d’Anasthase et de Théodore.
Leur martyre vaut bien l’hommage de notre pélerinage.

LA CONFRERIE DES PELERINS CHALONNAIS
 

Nous ne savons pas exactement à quand remonte la création à Chalon de la "Confrérie des pélerins de Saint Jacques" et son établissement au couvent des Carmes, probablement avant 1511. Par contre il existe aux archives départementales de Mâcon un registre qui a été donné à la confrérie en 1593 par Loys Trouhé pélerin et poissonnier du quartier Sainte Marie, ce qui expliquerait l’écusson à deux rames ferrées, en sautoir sur le premier feuillet du registre.
Il contient un réglement préparé le 25-7-1526 approuvé par l’assemblée générale de l’année suivante. On y trouve également un contrat daté de 1511 pour la réalisation de tableaux destinés à la chapelle du couvent mais disparus aujourd’hui. On découvre encore un carton glissé dans le rabat de la couverture du registre sur lequel figure un interrogatoire: "Pour savoir la vérité de ce que dessus et obvier aux abus qui par ci devant se sont faics sur la réception de plusieurs qui n’ont jamais été audit Compostelle"
Le registre énumère ensuite les pélerins inscrits nominativement. Ce furent pour la plupart des gens modestes: petits commerçants, artisans, ouvriers ou paysans. A la date de 1733 il est fait mention de la réception de trois pélerins de retour de Compostelle: "1733 de deux aôut avons reçus trois pélerins venant de Saint Jacques de Compostelle le nommé Pierre Menant, Claude Moindrot, et Jean Juillet dans la confrérie Saint Jacques de Chalon. Avons donné à chacun trente sous pour leur réception. C’est ce même Jean Juillet dont nous exposons la "défroque" grace à la bienveillante autorisation d’un de ses descendants.
Après la révolution il y eut beaucoup de pages blanches dans ce registre. Puis 6 noms furent inscrits en l’an 11 de la république. Finalement le 6 octobre 1803, la confrérie fut dissoute comme le noteront avec mélancolie Marcel Renaud confrère depuis 1776 et Pierre Gaucher confrère depuis 1780: "La confrérie étant finie par ordre de la république nous avons rendu nos comptes aujourd’hui 13 vendémiaire an 12. La destination du solde (21 livres et 5 sols) n’est pas précisée.

LA TRAVERSEE DU CHALONNAIS

La Sâone et Loire ne manque pas de sanctuaires ni d’hospices dédiées à Saint Jacques. Les chemins de Bourgogne du sud sont essentiellement parcourus par les pélerins allemands qui passent par Dijon et Beaune en Côte d’Or, des pélerins suisses et hongrois qui atteignent Cluny par la vallée de la saône, ou Tournus par celle de la Seillette affluent de la Seille après avoir traversé Besançon et Dole ou Arbois en Franche Comté. De cluny ces pélerins continuent vers le Puy en velay, de là ils peuvent choisir la "via podensis" ou la "via tolosane" qui allonge leur chemin en suivant les berges du Rhône, puis en longeant la Camargue jusqu’en Arles.
Ces trois paragraphes sont extraits du recueil intitulé: "PETITE FRESQUE JACQUAIRE". Il a été rédigé par les membres de la commission histoire de notre association.